Ne soyez pas utile, soyez vrai !

Il y a quelques jours, j’étais interviewée par Pierre-Etienne Bourget : il était intéressé que je développe ma vision de la contribution car il lui semblait que j’étais une des rares sur le net, à mettre autant l’accent sur cette question. Il me demandait quels étaient les principaux blocages à mettre en oeuvre sa contribution : il y en a 3 principaux, que je vais partager avec vous aujourd’hui.

  • Le premier blocage qui empêche les personnes d’apporter pleinement leur contribution, c’est la croyance que pour contribuer, il faut d’abord avoir de l’argent. C’est faux. Ce qui manque en premier pour apporter sa contribution, c’est la compétence. A ce sujet, je me souviens d’une personne qui faisait partie de mon programme Vivre l’Abondance : elle voulait créer une fondation pour les autistes et elle se sentait triste car elle ne voyait pas comment générer l’argent nécessaire pour mettre en oeuvre son projet. En discutant avec elle, je me suis rendue compte qu’en réalité son projet ne manquait pas d’argent : c’était le projet en lui-même qui n’était pas viable, même avec de l’argent. Je lui ai ainsi posé la question : si je te faisais sur le champ un chèque d’un million d’euros, que ferais-tu avec ce million ? Pas de  réponse. En réalité, il lui manquait les compétences adaptées : elle ne connaissait rien à l’autisme, ne savait ce qui existait déjà dans le domaine, ni de quoi les autistes avaient réellement besoin et elle n’avait aucun réseau dans ce secteur. Je lui ai donc expliqué que c’était par là qu’il fallait commencer : tant que son projet ne constituerait pas un dossier de 200 pages, l’argent ne lui serait d’aucune utilité. La première des choses à faire, quand on veut contribuer dans quelque domaine que ce soit, est de se former, de rencontrer les acteurs du secteur et de s’entourer des personnes dont on a besoin élaborer le projet. L’argent viendra ensuite. D’une part, parce qu’alors nous sauront exactement de combien nous aurons besoin et d’autre part, parce qu’en avançant dans le projet, l’univers se réalignera pour nous apporter ce dont nous avons besoin.
  • Le deuxième blocage le plus fréquent concerne aussi l’argent et les étapes à suivre pour apporter sa contribution. Je rencontre souvent des personnes qui me disent : « je vais gagner de l’argent et ensuite je vais contribuer ». Elles se trompent de levier : la contribution fonctionne comme une balance à 2 plateaux. Mais ce n’est pas le plateau de l’argent qui soulève le plateau de la contribution, c’est l’inverse. C’est quand nous contribuons que l’argent vient à nous, pour nous permettre de contribuer encore davantage ! D’ailleurs, j’ai été très surprise de l’envergure de la fondation d’Amma, cette sage indienne qui donne le darshan en prenant les gens dans les bras : elle génère des millions de dollars chaque année, elle suscite également autour d’elle beaucoup de bénévolat. Et ceci, parce qu’elle incarne pleinement ce qu’elle enseigne. C’est à mon avis là aussi la clé de la contribution réelle, et ce qui attire aussi à nous les moyens financiers de notre contribution : quand on incarne pleinement, quand on vit au quotidien, tout ce en quoi on croit. comment attirer l’argent de votre contribution ? La réponse est extrêmement simple : en contribuant déjà, à la hauteur de vos finances actuelles, mais aussi en donnant de votre temps, de votre énergie, de votre amour !
  • Le troisième obstacle que j’observe souvent chez les personnes qui veulent contribuer, c’est qu’elles se freinent avec la petite phrase « qui suis-je pour ? ». Derrière ce questionnement, on trouve la peur de ne pas être légitime, une fausse humilité, un désir de perfection. Quand on se pose cette question, c’est aussi parce qu’on se met la pression, on veut être utile et changer le monde. Mais comme le dit Paulo Coelho, « les personnes qui font vraiment du bien aux autres ne cherchent pas à être utiles, mais à mener une vie intéressante ». Pour moi, apporter sa contribution, c’est d’abord être heureux et ensuite offrir son bonheur aux autres. C’est comme ça qu’on change le monde. Pas en voulant aider les autres ou les sauver. La contribution, ça commence en soi, et avec ses proches. Elle doit être aussi simple et spontanée qu’une belle soirée de week-end en famille où tout d’un coup quelqu’un s’écrie « et si on faisait des crêpes ? ». Cela vient du coeur et du moment de partage qu’on est en train de passer ensemble. A ce moment-là, il ne viendrait à l’idée de personne de se demander « qui suis-je pour faire des crêpes à mes enfants ? ». Non, l’élan est là et on le suit, c’est tout. En faisant cela, on met du bonheur en soi, dans la vie de ses enfants et donc dans le monde. Pour apporter une contribution plus grande, c’est la même chose : plus vous serez heureux, plus vous ferez ce que vous avez envie de faire avec l’élan du coeur, à quelque échelle que ce soit, plus vous ferez du bien à l’humanité.

Maintenant, vous savez ce qu’il vous reste à faire : agissez ici et maintenant, à partir de qui vous êtes aujourd’hui ! Le monde a besoin de vous maintenant.

Si vous voulez aller plus loin, lisez ici mon article qui décrit les 4 étapes à mettre en oeuvre pour apporter sa contribution.

Peut-on toujours donner ?

J’ai écrit cet article en réponse à des questions que l’on me pose souvent autour de la notion du don. Faut-il donner ? Que faut-il donner ? Quand arrêter de donner ? J’ai envie de tout donner gratuitement, je n’aime pas me faire payer… Comment vivre l’Opulence sans l’argent ?

Il y plusieurs choses dans tout ça. D’abord la question de donner. J’oppose en général donner et offrir. Pour moi, offrir est à donner ce que recevoir est à prendre, pour faire un comparaison qui est parlante en général. Quand on donne, on ne se pose pas la question de l’interlocuteur. C’est-à-dire qu’on suppose que l’autre est OK pour recevoir ce que l’on a envie de lui donner, mais on ne lui demande pas du tout son avis. Le social, l’humanitaire entrent souvent dans cette catégorie : on suppose que «ça» est bon pour «machin» et on va lui donner ça de la façon qu’on a décidé de lui donner. Offrir, c’est témoigner. Offrir c’est dire : tiens regarde, moi je fais ça comme ça et si tu veux, si ça t’intéresse, je te l’apprends. Et l’autre est libre de recevoir ça ou pas. Soyez même assuré de quelque chose. Si vraiment vous vibrez quelque chose très fort, les autres auront envie d’apprendre ce quelque chose, automatiquement.

C’est aussi faire confiance que l’autre a toutes les ressources en lui pour trouver ce dont il besoin, sans votre intermédiaire, et que s’il a besoin de votre intermédiaire, il saura vous le faire savoir, en d’autres mots, il vous demander comment faire, il vous demandera votre aide.

Donc je vous déconseille de donner, et je vous suggère d’offrir.

Ensuite, vous pouvez choisir d’offrir en échange d’argent ou pas : ça c’est vous qui le décidez. Je vous invite simplement à vous questionner : pourquoi est-ce que votre service est gratuit ? Ce que vous proposez n’a-t-il pas de valeur ? Proposez-vous votre service de manière gratuite ou bien c’est l’autre qui vient vous solliciter et vous n’osez pas lui demander la rémunération de votre service (voir plus bas sur la différence entre aider et sauver) ? Croyez-vous que l’autre n’a pas les moyens de se payer vos services ? Pourquoi croyez-vous ça ? Que peut-il se passer dans la tête de l’autre si vous projetez sur lui qu’il est pauvre et ne peut s’offrir vos services ?

Aujourd’hui, vous avez certainement remarqué que nous vivons dans un monde où l’argent quantifie nos échanges de biens et de services. En d’autres termes, si vous voulez vivre, vous avez besoin d’argent. Il va donc falloir en générer d’une manière ou d’une autre. Vous pouvez donc avoir des activités gratuites et des activités payantes. Je cite souvent cet exemple : je donne des consultations à 60 euros de l’heure. Ce n’est certes pas un tarif ridicule (je me mets à la place de mes consultants), mais ce n’est pas avec cette somme que je vais devenir la millionnaire contributrice que je souhaite devenir. J’ai donc d’autres vecteurs d’enrichissement, comme mes formations par internet par exemple. Et ainsi je peux financer des activités qui me tiennent à coeur. C’est toutes ces questions-là que vous devez vous poser : qu’est-ce que je souhaite recevoir, qu’est-ce que je souhaite offrir ? Qu’est-ce que je souhaite mettre dans le monde, d’un côté comme de l’autre ?

Maintenant si vous décidez d’offrir, vous devez le faire de manière totalement désintéressée : en étant totalement honnête avec vous, vous ne devez rien attendre en retour. Même pas un merci : car alors ce n’est plus un don, c’est un investissement : je donne, et l’autre me dira merci (ou sera reconnaissant, ou m’aimera, ou dira du bien de moi, etc).

Car derrière cette aversion pour l’argent, se trouvent plein de croyances : pourquoi l’argent vous embête-t-il ? Quelle est cette aversion, que symbolise-t-il ? Car vous savez quoi, quand on n’aime pas l’argent, il ne nous aime pas non plus. Car l’argent n’est qu’un moyen, un simple moyen d’échanger nos biens et nos services. Rien de plus, rien de moins… Là-dessus, je vous invite à vous questionner sur la manière dont vous vous situez dans les échanges en général, comment êtes-vous dans ce lien du donner-recevoir ?

D’autres personnes qui ont bien intégré cela me demandent comment faire lorsqu’on comprend ça, pour ne plus rejouer cette programmation judéo-chrétienne «il faut donner aux plus démunis, aider les plus pauvres». Comment on en arrive à se reconditionner dans le concept que tout le monde est responsable de sa situation et offrir à qui le demande et pas aux autres, sans avoir de remords ? Effectivement, il ne suffit pas de se le répéter, car c’est également une question de croyances, ce truc de « on doit aider les autres », et que pour aider « il faut tout donner aux autres ».

Et on en arrive à une autre distinction très importante, la différence entre aider et sauver. Pour moi, effectivement, c’est de l’aide qu’il faut apporter, et non pas sauver. Donner est souvent proche de sauver, ce qui n’est pas aidant. Aider ne signifie pas faire à la place de. Car en faisant ça, on est dans une dynamique de sauveur et pas d’aidant.

Pour être aidant il faut :

1. être compétent. Pour reprendre la métaphore «si vous voulez aider quelqu’un qui meurt de faim, ne lui donnez pas un poisson mais apprenez lui à pêcher», on ne peut pas apprendre à pêcher à quelqu’un si on ne sait pas soi-même pêcher.

2. prendre en considération que ce que je crois qui est bon pour l’autre n’est pas réellement ce qui est bon pour lui. Peut-être que l’autre n’aime pas le poisson. Bon, bien sûr je blague sur ma métaphore du poisson, mais ça va plus loin. Peut-être que l’autre n’a pas envie ou n’est pas en mesure d’apprendre à pêcher. Peut-être ne peut-il pas être aider car son système de croyances n’est pas compatible avec ça.

3. avoir la foi que l’autre va trouver toutes les ressources en lui pour vivre le meilleur, ou qu’il va être en capacité de les trouver à l’extérieur s’il ne les a pas (en faire la demande, par exemple).

4. simplement proposer sa compétence. Et ça se fait de la manière suivante : Regarde, moi je mange à ma faim en pêchant. Est-ce que ça t’intéresse d’apprendre à pêcher. Et laissez l’autre libre de sa réponse. Il peut vous dire non et mourir de faim. C’est sa décision, c’est sa vie. Vous n’aimez pas qu’on prenne des décisions à votre place ? Les autres non plus n’aiment pas ça.

En résumé, si vous voulez vraiment aider, devenez aidant !

Ensuite, pour désamorcer cette croyance de «il faut donner, il faut aider», il faut voir comment cette croyance est engrammée (profondément ou pas) et de quelle manière elle donne du sens à notre vie, la place qu’elle prend : car parfois, on se sent exister de cette façon, on se sent utile, on se sent aimé. Ou encore, s’occuper des problèmes des autres évite d’aller regarder d’un peu trop près nos propres difficultés, nos propres erreurs et comment on pourrait nous-même s’en occuper. Un divertissement en quelque sorte… Car croyez-moi, s’occuper de sa propre vie, se sauver soi-même, c’est un boulot à plein temps, donc on n’a pas besoin d’aller sauver les autres.

Voilà, j’espère vous avoir «aidé» avec ce point sur le don. A bientôt.

Gaëlle

Les 4 étapes pour contribuer efficacement, même sans argent

Je le sais, vous êtes nombreux comme moi moi à rêver d’un monde plus humain, plus fraternel, où chacun se sentirait respecté et aurait sa place. D’un monde où la pauvreté et la misère seraient enseignés à l’école comme l’archéologie. C’est de de là que vient votre frustration, vous pensez que ce n’est pas possible… Et pourtant, souvenez-vous qu’un « petit homme basané vêtu d’un pagne », pour reprendre les mots de l’éloge funèbre de Gandhi, a libéré l’Inde de la puissance coloniale anglaise. Sans vous prendre pour le Mahatma, si vous commenciez simplement à être le changement que vous voulez voir dans le monde, imaginez ce que ça pourrait donner. Le monde n’en serait peut-être pas renversé (quoique), mais vous vous seriez définitivement plus heureux, vous avez ma parole. Ne pensez-vous pas que votre bonheur mérite que vous vous y intéressiez ? Car c’est de votre vie qu’il s’agit, après tout !

Dans cet ordre d’idées, de nombreuses personnes viennent me trouver pour me demander comment elles peuvent contribuer au monde, comment elles peuvent réaliser les projets qui leur tiennent à coeur et qui sont une réponse aux souffrances de l’humanité. Voici les étapes à suivre (dans l’ordre !).

  1. clarifier le projet

La première étape est simple. Il faut clarifier, définir clairement ce qu’on veut, pourquoi et comment. Une jour une femme m’a interpellée dans une téléconférence : « Je voudrais créer une structure pour les ados en difficulté, je ne sais pas comment. » Effectivement qu’elle ne sait pas par où commencer, tellement le programme est vaste. Je lui réponds : « Pour tous les ados en difficulté ? Là j’ai l’impression que tu te mets une montagne énorme. A côté de ton projet, Dieu, c’est fastoche comme job. » Quand on a ce genre d’inspiration, d’envie, il est indispensable de ne pas en rester à ce stade, qui est celui du rêve inatteignable, mais de le transformer en projet en se posant des questions comme : quels ados ? quel âge ? quel problème ? où ? avec qui ? objectif visé ? En répondant à ces premières questions, le rêve va se transformer en objectif, qui lui est atteignante pour peu qu’on s’en donne les moyens par la suite.

C’est déjà à cette première étape qu’échouent les Gandhi en herbe : ils ne savent pas vraiment ce qu’ils veulent. Et si vous ne savez pas où vous voulez aller, vous n’irez nulle part. En stage sur l’Abondance, beaucoup me disent : « j’aimerais voyager ». Oui, mais où ? Si demain je vous offre un billet d’avion, n’importe lequel, où irez-vous ? Et quel voyage souhaitez-vous faire : sac à dos ou hôtel 5 étoiles ? C’est à vous de définir votre contribution, personne ne le fera à votre place.

2. arrêter de vouloir sauver les autres et être véritablement aidant

La deuxième étape pour être pleinement heureux d’apporter sa contribution au monde est de se mettre au clair avec le mythe du sauveur. En effet, si vous voulez vraiment être heureux, votre contribution doit être joyeuse, elle doit venir du coeur, de vos tripes, elle doit se faire dans le plaisir, pas dans la lutte ou le sacrifice, et surtout, SANS ATTENTES. En d’autres mots, vous devez quitter votre collant et votre cape de super héros pour devenir véritablement aidant. La seule personne à sauver ici, c’est vous : vous sauver vous-même d’une vie triste, morose et dénuée de sens. C’est ce que va vous apporter le fait de contribuer : vous allez rayonner de bonheur et c’est ça qui va réellement aider l’autre.

En effet, j’observe souvent chez les personnes qui veulent contribuer qu’elles se freinent avec la petite phrase « qui suis-je pour ? ». Derrière ce questionnement, on trouve la peur de ne pas être légitime, une fausse humilité, un désir de perfection. Quand on se pose cette question, c’est aussi parce qu’on se met la pression, on veut être utile et changer le monde. Mais comme le dit Paulo Coelho, « les personnes qui font vraiment du bien aux autres ne cherchent pas à être utiles, mais à mener une vie intéressante ». Pour moi, apporter sa contribution, c’est d’abord être heureux et ensuite offrir son bonheur aux autres. La contribution, ça commence en soi, et avec ses proches. Elle doit être aussi simple et spontanée qu’une belle soirée de week-end en famille où tout d’un coup quelqu’un s’écrie « et si on faisait des crêpes ? ». Cela vient du coeur et du moment de partage qu’on est en train de passer ensemble. A ce moment-là, il ne viendrait à l’idée de personne de se demander « qui suis-je pour faire des crêpes à mes enfants ? ». Non, l’élan est là et on le suit, c’est tout. En faisant cela, on met du bonheur en soi, dans la vie de ses enfants et donc dans le monde. Pour apporter une contribution plus grande, c’est la même chose : plus vous serez heureux, plus vous ferez ce que vous avez envie de faire avec l’élan du coeur, à quelque échelle que ce soit, plus vous ferez du bien à l’humanité.

Maintenant je vais revenir sur le « sans attentes » que j’ai écrit en majuscules plus haut. En effet, si vous voulez aider l’autre, l’autre n’en ressent pas nécessairement le besoin. Rappelez-vous les bons conseils de votre chère maman, qui a de très bonnes idées sur la façons dont vous devriez vivre votre vie. Assurez-vous donc que votre volonté d’aider l’autre rencontre la demande ou au moins l’accord de l’autre. Sinon, ça s’appelle avoir un projet sur l’autre et c’est vraiment un expérience très désagréable à vivre quand quelqu’un veut nous forcer à être/devenir/faire autre chose que ce que l’on a envie. Ensuite, l’autre est libre de prendre ou de refuser ce que l’on a à lui offrir. Il est également libre de le prendre et de finalement ne rien en faire. Si vous donnez à un SDF, ne lui donnez pas pour qu’il s’achète à manger car peut-être que la seule chose qu’il est capable de faire avec votre argent, c’est d’aller boire. Donnez-lui sans attentes, c’est-à-dire en respectant que ce qu’il va faire de votre argent (qui est devenu le sien) ne regarde que lui. C’est ça, le véritable don.

3. devenir compétent et dépasser le syndrome de l’imposteur

Pour continuer à être véritablement aidant, vous devez devenir compétent. Ce qui semble être quelque chose de totalement logique dans tous les domaines semble étrangement ne pas aller de soi dans le domaine de l’aide aux autres. C’est comme si dans ce cas-là, l’intention suffisait. Personnellement, si je dois me faire opérer du cerveau, j’attends du neuro-chirurgien qu’il soit compétente. Quand je roule sur un pont, j’ose espérer que l’architecte qui l’a conçu connaissait son travail. En ce qui concerne la contribution que vous voulez apporter au monde, c’est la même chose. Si vous voulez aider quelqu’un qui meurt de faim en lui apprenant à pêcher, pour reprendre un cliché bien connu, vous devez savoir pêcher vous-même, ça parait évident. Vous devez non seulement savoir pêcher, mais savoir enseigner l’art de la pêche et donc pour ça, le maîtriser à la perfection. En d’autres termes, si vous voulez contribuer et que vous êtes malheureux, ça fonctionnera pas. Vous ne rendrez pas le monde heureux si vous ne l’êtes pas vous-même.

Dans le même ordre d’idée, examinons la croyance selon laquelle pour contribuer il faut d’abord avoir de l’argent. C’est faux. Ce qui manque avant l’argent, c’est bien souvent la compétence. A ce sujet, je me souviens d’une personne qui faisait partie de mon programme Vivre l’Abondance : elle voulait créer une fondation pour les autistes et elle se sentait triste car elle ne voyait pas comment générer l’argent nécessaire pour mettre en oeuvre son projet. En discutant avec elle, je me suis rendue compte qu’en réalité son projet ne manquait pas d’argent : c’était le projet en lui-même qui n’était pas viable, même avec de l’argent. Je lui ai ainsi posé la question : si je te faisais sur le champ un chèque d’un million d’euros, que ferais-tu avec ce million ? Pas de  réponse. En réalité, il lui manquait les compétences adaptées : elle ne connaissait rien à l’autisme, ne savait ce qui existait déjà dans le domaine, ni de quoi les autistes avaient réellement besoin et elle n’avait aucun réseau dans ce secteur. Je lui ai donc expliqué que c’était par là qu’il fallait commencer : tant que son projet ne constituerait pas un dossier de 200 pages, l’argent ne lui serait d’aucune utilité. La première des choses à faire, quand on veut contribuer dans quelque domaine que ce soit, est de se former, de rencontrer les acteurs du secteur et de s’entourer des personnes dont on a besoin élaborer le projet. L’argent viendra ensuite. D’une part, parce qu’alors nous sauront exactement de combien nous aurons besoin et d’autre part, parce qu’en avançant dans le projet, l’univers se réalignera pour nous apporter ce dont nous avons besoin.

4. se lancer et enclencher la loi d’attraction

Ce n’est donc que maintenant que nous arrivons à la question cruciale de l’argent : j’espère que vous avez remarqué que ce n’est que la quatrième et dernière étape. Comment attirer l’argent nécessaire à sa contribution ? La réponse est extrêmement simple : en contribuant déjà ! En effet, la majorité des gens se disent : « je vais gagner de l’argent et ensuite je vais contribuer ». A cela je réponds qu’elles se trompent de levier. La contribution et l’argent, c’est comme une balance à 2 plateaux. Ce n’est pas le plateau de l’argent qui soulève le plateau de la contribution, mais bien l’inverse. C’est quand on contribue que l’argent vient à nous, pour nous permettre de contribuer encore davantage ! D’ailleurs, j’ai été très surprise de l’envergure de la fondation d’Amma, cette sage indienne qui donne le darshan en prenant les gens dans les bras : elle génère des millions de dollars chaque année, elle suscite également autour d’elle beaucoup de bénévolat. Et ceci, parce qu’elle incarne pleinement ce qu’elle enseigne. C’est à mon avis là aussi la clé de la contribution réelle, et ce qui attire aussi à nous les moyens financiers de notre contribution : quand on incarne pleinement, quand on vit au quotidien, tout ce en quoi on croit.

On met ici en oeuvre les 3 premières étapes : une fois que l’on a clarifié son projet, que l’on sait pourquoi on le fait, que l’on est compétent, alors on peut se lancer, on peut mettre son projet au monde. Et c’est ainsi qu’il a toutes les chances de devenir réel, avec ou sans argent. A cette étape-ci, vous serez tellement motivé que vous donnerez sans compter : votre temps, votre énergie, votre amour. Il vous restera alors à observer ce qui se passe dans le concret : quelles sont les personnes, les occasions, les opportunités, les idées qui viendront à vous. Parmi ces situations, l’argent se présentera, d’une manière ou d’une autre, c’est à vous d’être vigilant pour savoir le reconnaître et saisir la balle au bond pou donner à votre projet toute l’ampleur qu’il mérite.

Pour conclure, je dirais que c’est à vous de jouer maintenant. Vous savez ce qu’il vous reste à faire : agissez ici et maintenant, à partir de qui vous êtes aujourd’hui ! Le monde a besoin de vous maintenant. Inutile de chercher à être parfait ou différent, lancez-vous, tout simplement, en réalisant chacune des étapes.

Le temps, le bonheur et votre tiroir à petites culottes

Connaissez-vous le lien qui existe entre le temps, le bonheur et votre tiroir à petites culottes ? C’est tout simple : ce qui nous rend heureux, c’est ce à quoi nous occupons notre temps. Pour les petites culottes, il faut lire un peu plus loin.

Pfiou ! Je sais que ces petites phrases toutes simples (et c’est pour ça que je les adore) sont le genre de vérité qui nous font l’effet d’une bombe dans notre vie. Mon bonheur dépend uniquement de ce à quoi j’occupe mon temps ? Oh là là, mais quand je regarde bien, à quoi j’occupe vraiment mon temps… A tout un tas de trucs qui ne me rendent pas heureux…

La phase qui suit ce genre de prise de conscience, c’est « bon ok, mais maintenant je fais comment pour changer les choses ? ». Pas de panique, mettre du bonheur dans son emploi du temps ça s’apprend !

Les gens me demandent souvent : mais comment tu fais pour gérer ton entreprise en étant toute seule avec ton bébé (et un grand à mi-temps) ? La réponse est tout aussi simple. Je me suis créée une vie sur-mesure.

La bonne nouvelle, c’est que vous pouvez en faire tout autant. Parce que la vie c’est comme un tiroir à petites culottes. Si vous savez gérer votre tiroir à petites culottes, vous savez gérer votre vie. Qu’est-ce que je veux dire par là ? Il arrive un moment où vos vieilles culottes ne vous vont plus : elles sont usées ou trop petites parce qu’elles ont rétréci (ou qu’on a pris quelques kilos) ou trop grandes parce qu’elles se sont détendues (ou qu’on a perdu quelques kilos). Donc vous les jetez. Ou alors vous avez simplement envie de nouvelles petites culottes plus colorées, avec plus de dentelles ou au contraire plus simples, simplement parce vous avez changé et que c’est vachement important dans la vie d’avoir des petites culottes à son image 😉

Donc vous rentrez du magasin avec vos nouvelles petites culottes. Et qu’est-ce que vous faites  ? Vous jetez les anciennes parce que sinon il n’y a plus de place dans le tiroir.

Eh bien la vie, c’est exactement la même chose ! Tout ce qui est dans votre emploi du temps et qui ne correspond pas à 100% à la vie qui vous ressemble doit être jeté et remplacé par ce qui vous tient à coeur. Tout ce qui satisfait les désirs de vos parents mais qui ne sont pas vous à 100% : poubelle ! Tout ce qui fait bien devant vos collègues de boulot mais vous emm… profondément : poubelle ! Tout ce qui répond aux injonctions de bonheur de la société qui nous entoure mais sont de l’ordre du plaisir éphémère : poubelle !

Une fois que ça c’est fait, vous pourrez commencer à vous organiser, à prioriser les choses, à avoir une organisation au top qui vous permet d’avancer sur vos différents projets dès que vous avez 10 mn devant vous, tout en laissant du temps libre pour les imprévus et du temps de cerveau disponible pour ce qu’il y a de meilleur (mais auquel on n’avait pas pensé tellement on a le nez dans le guidon). En d’autres mots, la sérénité.

Oui, mais comment développer une attitude calme et posée face à l’inattendu, comme concilier l’imprévu avec ce qui est vraiment important pour nous, comment rester centré sur les projets qui nous tiennent à coeur quand les problèmes s’accumulent ? Cela peut vous sembler insurmontable, mais tout ça, ça s’apprend : il s’agit d’apprendre à gérer d’abord ses priorités et ensuite les choses qui nous tombent sur le coin de la figure sans crier gare. Ne laissez jamais l’urgence vous écarter de l’essentiel. C’est la deuxième phrase magique à retenir : d’abord on fait l’essentiel et ensuite on gère les urgences. Si vous faites l’inverse, vous n’aurez jamais de temps pour l’essentiel…

Et vous, quel est votre essentiel ?

Je suis le Roi (ou la Reine) de quoi qu’il advienne

Il était une fois, il y a très longtemps, un royaume qui traversait des temps difficiles. Une forte baisse de la nappe phréatique avait asséché tous les puits. Non seulement les gens avaient soif et déprimaient, mais en plus ils empestaient et on ne voyait plus un seul bouquet de fleurs coupées dans tout le pays. Les montagnes voisines abritaient pourtant un vaste lac dont l’eau pure aurait pu irriguer facilement la plaine frappée par la sécheresse, mais le seul moyen d’y accéder était un sentier extrêmement étroit et dangereux et gardé par la vieille harpie la plus laide et la moins coopérative du monde.

Ses pouvoirs magiques et sa puissance destructrice étaient si grands que seul le meilleur guerrier pouvait envisager de tenter de la défier. Le vieux Roi rassemblé donc ses plus vaillants chevaliers et envoya le plus courageux et le plus fort dans la montagne. Ce dernier arriva bientôt à l’endroit où la vieille sorcière montait la garde. Il descendit de cheval et se retrouva soudain face à la créature la plus hideuse et la plus effrayante qu’il ait jamais vue. Elle avait d’énormes verrues sur le nez, de longs poils gris sur le menton et son haleine

empestait comme celle d’un millier de chiens malades. En outre, la crasse, le pus et des traces de fluides corporels que la décence impose de taire, recouvraient toutes les parties visibles de son corps.

– « Si tu souhaites passer, tu dois m’embrasser ! » grinça-t-telle d’un ton menaçant, une lueur démente dans les yeux.

– « Point ne te baiserai, vieille harpie, écarte-toi et cède-moi le passage ! » répondit vaillamment mais stupidement le courageux chevalier.

Au moment où il allait dégainer son imposante épée pour tuer la sorcière, celle-ci le pétrifia du regard, l’attrapa par les épaules et le jeta hors du sentier, dans le profond ravin où il alla s’écraser sur les rochers et périr.

Voyant qu’il ne revenait pas, le Roi envoya son deuxième meilleur chevalier, qui connut exactement le même sort, puis un troisième. Ne le voyant pas revenir non plus, le Roi, ainsi que ses courtisans et tous ses sujets, sombrèrent dans une grande consternation. Mais au milieu du silence désolée, une petite voix s’éleva :

– « J’irai, votre Majesté et je reviendrai victorieux ! »

Le Roi et sa cour se retournèrent pour voir d’où provenait la voix. Et découvrirent, au milieu de la foule, un jeune homme qui tenait son chapeau à la main.

– « J’irai, votre Majesté ! » répéta-t-il.

Le Roi faillit lui dire :

– « Pas d’enfantillages, jeune homme, si mes trois plus vaillants chevaliers ont échoué dans la quête, comment peux-tu penser que tu seras victorieux ? » mais il se rendit soudain compte qu’il n’avait rien à perdre, vu le caractère désespéré de la situation.

– « Très bien, jeune homme, à Dieu va ! »

Le jeune homme partit et emprunta le sentier de la montagne. Il atteignit bientôt l’endroit où l’horrible harpie montait la garde.

– « Si tu souhaites passer, jeune homme, tu dois m’embrasse! » grinça-t-telle.

Le jeune homme ouvrit grand ses bras et répondit sans hésiter :

– « Non seulement vais-je te donner un baiser, mais je vais aussi te prendre dans mes

bras ! »

Et sur ces mots, il enlaça tendrement la harpie hideuse pour l’embrasser sur la bouche. La sorcière se transforma alors instantanément en la plus jolie princesse jamais contemplée par des yeux humains.

– « Tu es maintenant le Roi de Quoi qu’il advienne ! » dit-elle en indiquant d’un geste les terres qui s’étendaient en-dessous, « et si tu veux de moi, je serai à jamais ta Reine. »

Sur ces mots, l’heureux couple retourna auprès du vieux Roi, après avoir alimenté le royaume en eau. Le Souverain faillit mourir de joie en voyant sa fille – elle avait disparu depuis qu’une sorcière l’avait transformée en vielle harpie alors qu’elle était bébé. Le Roi donna immédiatement son consentement à leur union et fit d’eux le Roi et la Reine de ses terres.

Les morales de cette petite histoire sont nombreuses, mais une seule nous concerne ici : dès que l’on accepte la réalité, aussi laide puisse-t-elle paraître, dès qu’on l’accepte et qu’on la prend dans ses bras, elle se transforme immédiatement en quelque chose d’une grande

beauté et d’une grande générosité, et l’on devient Roi, ou Reine, de Quoi qu’il advienne.