L’autre, ce formidable miroir

En cherchant de l’inspiration pour écrire de nouveaux articles, une phrase d’Hillary Clinton a retenir mon attention. Voici ce qu’elle disait : « les critiques sont à prendre au sérieux, mais pas contre soi. S’il y a de la vérité dans la critique, servez-vous en pour apprendre. Sinon, ignorez-la complètement. »

En cherchant l’approbation des autres ou en se conformant à leurs attentes, il peut nous arriver de passer complètement à côté de notre vie, voire à côté de qui nous sommes. A l’inverse, en ignorant ce que les autres disent de nous, et notamment ce que nous pouvons percevoir comme des critiques, nous pouvons passer complètement à côté d’un merveilleux enseignement. Sortir de la dépendance, comme sortir de l’indépendance nous ouvre une troisième voie ô combien enrichissante : celle de l’interdépendance. Cette voie nous permet de prendre pleinement nos responsabilités dans nos relations aux autres.

Si cela peut être souffrant parfois, cette notion d’interdépendance donne une toute autre dimension à la vie. Elle ouvre une porte sur des univers de rapports positifs, enrichissants, sincères qui nous permettent de travailler mieux, de donner plus de nous-mêmes, d’apprendre et de progresser. C’est dans l’interdépendance  que nous éprouvons le plus de souffrances, le plus de frustrations, et que nous rencontrons le plus d’obstacles au bonheur et à la réussite. Il est impossible d’ignorer cette douleur. Elle est trop intense. Pourquoi ? Parce que l’interdépendance nous montre sans cesse à quel point l’autre n’est qu’un miroir de nous-même. Avec l’autre, nous ne pouvons plus tricher ni nous raconter d’histoires. Le miroir n’est pas déformant, il est absolument fidèle.

Ce fidèle miroir nous permet de prendre conscience de qui nous sommes, par différenciation. Il nous permet de prendre conscience de nos qualités : ce que sont celles que nous apprécions chez l’autre. De même, l’autre nous donne à chaque seconde l’occasion de prendre conscience de ce que nous n’aimons pas chez nous : c’est ce que nous lui reprochons. Si je rencontre des personnes qui doutent de moi et que ça me fait souffrir, c’est que je doute de moi. Si j’ai du mal à me sentir aimée, c’est que je n’aime pas suffisamment moi-même. Si j’essuie des critiques, c’est sans doute que mon estime de moi n’est pas des plus élevées. Etc.

Chaque fois que vous allez rencontrer quelqu’un qui vous critique, cela veut dire qu’il est temps pour vous d’aller examiner à l’intérieur quelque chose qui est désaligné, en vous posant des questions comme : 

  • est-ce qu’au fond de moi il y a une part de moi qui doute du bien-fondé de mon action ? 
  • est-ce que j’accepte des choses que je ne devrais pas accepter ? 
  • est-ce que ce que je fais et ce à quoi je passe mon temps reflète vraiment qui je suis ?
  • est-ce que je n’ose pas dire qui je suis vraiment ?
  • est-ce que je prends suffisamment soin de la relation et de l’autre ou est-ce que je lui demande d’abord de prendre soin de moi (parce que je ne le fais pas suffisamment moi-même) ?
  • est-ce que j’exige de l’autre ce que je ne suis pas capable de me donner moi-même ?
  • est-ce que ma manière de communiquer est alignée sur qui je suis et ce que je fais ? est-ce que j’utilise les bons mots de manière à être authentique tout en étant comprise ?

Creusez jusqu’à trouver la réponse.

Comment savoir s’il y a de la vérité dans une critique ? Tout simplement si elle vous touche. Ne balayez pas d’un revers de la main ce que les autres disent de vous et qui vous touche, ne renvoyez pas la balle dans le filet en disant « c’est sa projection sur moi ». Si vous êtes touché, c’est que vous avez un merveilleux professeur et un merveilleux enseignement là, juste sous la main, totalement gratuitement. Allez voir la blessure que ça ravive : vous avez maintenant la possibilité de la guérir.

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