Les 5 manières de prendre soin de soi

Lors de récents échanges avec les abonnés à ma newsletter, j’ai été interpellée à plusieurs reprises sur ce sujet : comment prendre soin de soi ? Je vais donc le point aujourd’hui en vous proposant 5 pistes pour vous donner de l’amour, de plein de manières différentes.

1. Prendre soin de son corps

Chouchouter son corps : massage, auto-massage, hammam, sauna, courir, marcher, danser, chanter, bain aux huiles essentielles, épilation. Attention, ce dernier point n’est pas un diktat : uniquement si cela correspond à quelque chose vous fait du bien !!! Prendre soin de son corps, c’est aussi être attentif à ses besoins : nourriture et sommeil, par exemple. Donnez à votre corps la nourriture qui lui fait du bien, en quantité comme en qualité. Pensez aussi aux nourritures émotionnelles : mangez des chips et du chocolat si vous en avez envie ! Au lieu de céder aux modes, apprenez à reconnaître ce dont vous avez vraiment besoin en quantité et qualité de nourriture. Soyez attentif.ve au sommeil que votre corps réclame : êtes-vous couche-tôt, couche-tard, lève-tôt, lève-tard, avez-vous besoin d’une sieste ?

2. Penser à soi, prendre du temps pour soi

Beaucoup de femmes, beaucoup de mamans ont une drôle d’habitude : elles font toujours passer les autres en premier, elles se mettent en bas de la liste, là où en général il ne reste rien. Il n’y a plus d’énergie pour faire ce qu’elles aiment. Il ne reste plus d’argent pour leur activité, ni le massage qui leur ferait du bien, encore moins pour le petit cadeau qu’elles avaient prévu de se faire à la fin du mois. Il n’y a plus de temps pour se poser, pour se reposer, pour boire un café tranquille en terrasse, pour prendre un bain moussant. Et elles appellent ça « prendre soin des autres ». Jusqu’au burn-out. Si vous vous reconnaissez dans ce portrait, rappelez-vous les consignes de sécurité en avion : mettez d’abord votre masque à oxygène et ensuite mettez le sien à votre enfant. Vous pouvez bien mieux vous occuper des autres lorsque vous êtes en sécurité. C’est valable dans l’avion mais dans la vie de tous les jours aussi : il n’y a que si votre réservoir émotionnel est rempli (de plein de bonnes choses pour vous) que vous pourrez aimer et être vraiment disponible pour ceux qui vous entourent.

Mon truc : faites-vous un cadeau chaque mois, dès que votre paie arrive (pas à la fin du mois). Un « vrai » cadeau ! La paire de chaussures parce que l’autre est fichue ça ne compte pas !

3. Savoir dire non et respecter ses limites

Là je vous renvoie à un article que j’ai déjà écrit et que vous pouvez lire en cliquant ici.

Dire non, c’est aussi ne pas faire ce qui ne vous met pas en joie. Dire non, c’est aussi être ferme et ne pas « céder » au bout de la 3ème ou 4ème demande (pour me faire plaisir, s’il te plait…). Prenez le temps de sentir ce que vous voulez vraiment, pour savoir dire de vrais « oui » qui vous rendent vraiment heureux(se). Si vous avez du mal à dire non à vos enfants, repensez au point n°2. Il est normal que votre enfant ait envie de passer du temps avec vous et de jouer avec vous, mais ce qu’il aime ne vous passionne pas forcément : trouvez des activités ou des jeux qui vous conviennent à tous les 2. 

4. (Se) pardonner

Ouch, ici on aborde un gros morceau. Enfin vous imaginez peut-être que c’est un gros morceau. Oui et non, parce que le pardon n’est pas ce que l’on croit généralement. Pardonner, ce n’est pas aller prendre le thé avec Hitler, ni papoter le bout de gras avec son violeur, ni lécher les plaies des lépreux. Pardonner, c’est simplement déposer un sac à dos trop lourd. Comme l’écrit Pierre-Claude-Victor Boiste « le pardon ôte à un ennemi le pouvoir d’altérer votre caractère ou votre repos. » 

Byron Katie, dans un de ses accompagnements, prend cet exemple avec une jeune femme qui s’est fait violer. Avec beaucoup de délicatesse, elle l’amène à prendre conscience que si son viol n’a duré que quelques minutes, elle-même continue de se violer depuis 30 ans avec sa colère, sa culpabilité et son malheur. A partir d’un événement souffrant, elle choisit de rester dans la souffrance. Prenant conscience de sa responsabilité, cette femme accède enfin à la possibilité de guérir et de se donner de l’amour.

Si ce sujet vous plait, je vous invite à lire cet article que j’ai publié il y a quelques jours.

5. S’accepter (vraiment), s’aimer (vraiment)

Je ne sais pas trop pourquoi, nous avons tendance à focaliser sur ce qui ne va pas chez nous, plutôt que de se focaliser sur ce qui va bien. Mais en fait, si, je sais pourquoi. Nous recevons, en moyenne, au quotidien, à peu près 8 marques d’attention négative pour 2 marques d’attention positive. Cela signifie qu’en règle générale, on va pointer 8 fois du doigts ce que je ne fais pas bien pour 2 fois ce que je fais bien. La psycho-pédagogie nous apprend que nous renforçons ce sur quoi nous nous centrons. Plus vous allez porter attention sur quelque chose et plus vous allez le renforcer. C’est valable aussi bien chez l’enfant que chez l’adulte.  A 20 ans, un jeune adulte a reçu de 22 à 28000 heures de marques d’attention négative ! Donc forcément, c’est normal que vous fassiez cela vous aussi : vos circuits neuronaux sont câblés comme ça. Il est donc nécessaire de se rééduquer. Et cela peut prendre du temps. Mais chaque jour est le bon moment pour commencer. 

Tout d’abord, vous pouvez cessez de culpabiliser : c’est votre histoire qui vous a façonné ainsi. N’importe quelle personne ainsi exposée à autant de marques d’attention négatives que vous l’avez été réagirait de la même façon. Mais maintenant, que décidez-vous ? D’en rajouter à tout ce qui vient de l’extérieur ou bien d’inverser la tendance en vous donnant à vous-même des marques d’attention positives, jusqu’à ce que (et même encore après), elles fassent tâche d’huile autour de vous ?

Voici quelques trucs que vous pouvez tester :

  • Chaque matin, en même temps que vous vous brossez les dents ou les cheveux, ou les deux, dites-vous tout le bien que vous vous pensez de vous. Faites-le si possible à haute voix.
  • Faites la liste des qualités que vous vous reconnaissez. 
  • Faites la liste de toutes les difficultés que vous avez eu à surmonter et l’ingéniosité, le courage, la débrouillardise ou toute autre qualité dont vous avez dû faire preuve pour les surmonter. Soyez fier.e de vous ! Félicitez-vous !
  • Prenez-vous mentalement dans vos bras et donnez-vous de l’amour, de la tendresse, de l’appréciation, comme vous le feriez à quelqu’un que vous aimez
  • Entrainez-vous à vous traiter comme vous traitez les gens que vous aimez (rappelez-vous le point n°2). Et traitez-vous comme vous aimeriez que les autres vous traitent. Si vous vous maltraitez (en vous culpabilisant, en pensant que vous n’êtes pas à la hauteur, en n’osant pas prendre votre place…), il n’y a aucune raison que les autres n’en fassent pas autant.

Prenez bien soin de vous !

Le pardon

Ouch, ici on aborde un gros morceau. Enfin vous imaginez peut-être que c’est un gros morceau. Oui et non, parce que le pardon n’est pas ce que l’on croit généralement. Pardonner, ce n’est pas aller prendre le thé avec Hitler, ni papoter le bout de gras avec son violeur, ni lécher les plaies des lépreux. On ne va pas vous demander ce qui vous est impossible, simplement de prendre vos responsabilités. Le pardon n’est qu’affaire de responsabilité.

« Le pardon ôte à un ennemi le pouvoir d’altérer votre caractère ou votre repos. » Pierre-Claude-Victor Boiste

Prendre pleinement ses responsabilités

Le pardon commence avec soi-même. En prenant mes responsabilité, je comprends et j’accueille que tout ce qui est est ma vie, je l’ai créé. J’ai créé cela dans ma vie, pour moi et pour les autres. Nos pensées, nos émotions, nos paroles et nos actions ne concernant pas que nos petites personnes mais le monde entier. C’est parce que je suis qui je suis que les attentats, les famines, les guerres, le chômage de masse… sont possibles. Si je me torture, même intérieurement, j’autorise la torture à être présente sur cette planète. Puisque j’ai besoin d’un autre pour me faire miroir et prendre conscience de mes dysfonctionnements, j’autorise l’autre à dysfonctionner pour m’aider à guérir et à grandir. Je suis à 100% responsable de ce qui se passe dans ma vie, puisque je suis là au moment où ça se passe. L’état du monde n’est qu’une photocopieuse géante de qui je suis à l’intérieur de moi.

Avec cela, on peut continuer à se flageller et à se détester si on en a envie et si on aime ça. Mais ça contribue qu’à une chose : faire grandir le malheur sur Terre et nourrir votre ego. Je pense que vous avez mieux à faire. Voici un très bon moyen d’apporter votre contribution : apprendre à pardonner. Voici 3 étapes pour se responsabiliser et pardonner.

1. Accepter

La première étape, c’est de comprendre qu’en réalité n’y a rien à pardonner. Il n’y a rien à pardonner puisque les choses n’auraient pas pu être différentes, rien ne peut être différent de ce qu’il est. Avec votre histoire, votre vécu, votre passé, votre histoire, vous ne pourriez pas être différent. Et c’est valable pour tous. Celui qui tue ne peut pas faire autrement : si j’étais à sa place, avec son système de croyances issu de son parcours, je tuerai aussi. Chacun ne fait que ce qu’il lui est possible de faire au moment où il le font. Les choses sont ce qu’elles sont. Point final. Je me peux gémir, me lamenter, pleurer, me rebeller, me révolter, les choses sont ce qu’elles sont. En me battant contre elles, je ne fais que les renforcer : ce à quoi je résiste persiste, ce que je regarde disparait.

2. Remercier

La deuxième étape, c’est prendre en considération que ce qui nous est arrivé à nourri qui nous sommes aujourd’hui et nous a apporté un supplément d’humanité qui nous manquait auparavant. Nos souffrances et nos blessures nous permettent d’être en empathie avec l’autre, celui à qui il est arrivé la même ou tout simplement celui qui est souffrant. Mais plus encore, chaque douleur m’a également permis de contacter la ressource correspondante en moi, agissant comme un révélateur, mais me permettant également de m’emparer d’une qualité et de la développer, pour mon bien-être et pour celui des autres. Tout se nourrit de tout et inversement. En donnant sa juste place à tout ce qui m’a fait grandir, je prends conscience de ma grandeur intérieur, qui n’est pas uniquement composée de lumière mais vient aussi en grande partie de mes ombres. Tout cela me fait grandir encore davantage.

3. Transformer

Avec le processus de transformation, je termine la boucle de ma prise de responsabilité. En acceptant et en remerciant pour mes ressentis, j’accède à la possibilité de les transformer, ce qui n’est pas le cas quand je les nie, quand je les combats ou quand je les laisse dans les mains de mon bourreau. En effet, en restant au stade de victime, je ne prend pas ma part de responsabilité, mais surtout, je ne peux accéder à la guérison puisque le pouvoir n’est pas entre mes mains, je le laisse à l’extérieur de moi. Je peux choisir de rester dans la souffrance ou d’en faire autre chose. Ce faisant, je suis dans mon statut d’être humain : j’élargis l’espace entre le stimulus et la réponse, (ce qui n’est pas possible pour l’animal) et j’embrasse pleinement ma destinée humaine.

En décidant de transformer, je reprends mon pouvoir sur moi et je nourris l’humanité entière : je cesse d’alimenter l’égrégore de souffrance qui rend possible d’autres souffrances pour moi et pour autrui. De plus, je choisis de mettre mes ressources pour transformer ce qui me fait souffrir. Je prends pleinement contact avec ma lumière tout en me nourrissant de mon nombre. Comme la fleur de lotus, symbole de transcendance, je plonge mes racines dans la boue pour m’ouvrir vers le ciel.

Byron Katie, dans un de ses accompagnements, prend cet exemple avec une jeune femme qui s’est fait violer. Avec beaucoup de délicatesse, elle l’amène à prendre conscience que si son viol n’a duré que quelques minutes, elle-même continue de se violer depuis 30 ans avec sa colère, sa culpabilité et son malheur. A partir d’un événement souffrant, elle choisit de rester dans la souffrance. Prenant conscience de sa responsabilité, cette femme accède enfin à la possibilité de guérir et de se donner de l’amour.

Vous voyez qu’avec ces 3 étapes (1. acceptation, 2. gratitude, 3. transformation), on est loin de la résignation mais on est au contraire dans une forme très élevée de décision : nous sommes au coeur de notre humanité puisque seul l’être humain peut choisir la manière dont il réagit à ce qui lui arrive. En pardonnant, je deviens un être humain.

Demander de l’aide

Si j’ai du mal à accomplir ce processus seul, je peux demander l’aide de Dieu. Demander l’aide de Dieu, c’est-à-dire prendre contact avec l’Esprit que je suis en demandant de me détacher du jugement que je peux porter sur la situation. Au final, ce n’est que mon mental qui juge qu’il y a quelque chose à pardonner, c’est avec mon mental que je vis une situation comme agréable ou désagréable. En remettant ma conscience dans la justesse du plan divin, je prends conscience que je n’ai qu’une vision partielle de la réalité et que des informations manquantes peuvent altérer ma vision.

Par l’attitude de prière, je demande à transformer ma douleur en quelque chose qui est au service du plus grand bien de tous, même si je ne sais pas ce que c’est. Je prends conscience qu’à travers cet événement qui me blesse, quelque chose cherche à se manifester à travers moi. Je demande à suivre ce chemin en conscience, même si des choses échappent à mon entendement pour le moment (et même peut-être pour toujours). En m’appuyant sur ce qui cherche à se manifester à travers moi, à ce que je perçois du plan divin, je décide de mobiliser mes ressources, mes talents, mes compétences, mon énergie, mon temps pour accompagner la vie dans la direction qu’elle suit. Même si j’ai peur, même si j’ai mal, même si j’avais envie d’autre chose.

Suivre le flux

Suivre le flux de la vie : voici une notion trèèèèèèèèèès facile à comprendre, mais beaucoup moins facile à mettre en oeuvre. En effet, il demande de la pratique, de la pratique, de la pratique. Car il s’agit tout simplement de vivre ce qu’est la vie : non pas une série de problèmes à résoudre mais un mystère dans lequel entrer ou plus exactement, un mystère avec lequel faire corps, un mystère à embrasser, en sachant que nous n’aurons jamais toutes les réponses pour le comprendre. 

L’observation

Suivre le flux de la vie nécessite un préalable : celui de l’observer. Il s’agit donc dans un premier temps de développer une vigilance ou plutôt une conscience aiguë de ce que nous vivons : quels sont les événements qui se manifestent, quelles sont les émotions que nous ressentons, comme s’organise notre environnement ?

Il s’agit aussi de raisonner en termes de synchronicités plutôt qu’en terme de hasard ou de fatalité. 

Exemple : ma voiture tombe en panne. 

> Quelles sont les questions que je peux me poser ?

Observer le flux de la vie, c’est observer ce qui a tendance à se produire et ce qui a tendance à ne pas se produire. Il y a toujours une direction, une tendance. Si l’on regarde bien, tout notre environnement nous envoie des messages, des signaux, que nous captons plus ou moins bien, avec plus ou moins de conscience : nos émotions, notre corps, notre ordinateur, notre voiture, notre ordinateur, nos animaux (et même ceux que nous n’avons pas).

Tous les événements que nous vivons nous donnent des indications sur qui nous sommes et sur qui nous ne sommes pas mais aussi pour savoir dans quelle direction aller ou ne pas aller.

> Exemple : je veux joindre quelqu’un au téléphone, mais ça sonne occupé, ensuite on me dit que la personne est absente, ensuite je tombe sur un répondeur. Je continue : acharnement ou persévérance ?

Il y a en réalité toujours deux tendances :

• la tendance des choses à se produire. Tout est fluide, se déroule à la perfection. Les événements s’enchaînent facilement et logiquement, sans heurts et sans retard. Je dispose des bonnes informations au moment où j’en ai besoin, je rencontre les bonnes personnes au bon moment. 

• la tendances des choses à NE PAS se produire. Il y a un grain de sable (ou la plage entière) dans l’engrenage. Je dépense de l’énergie sans résultat, je ne trouve pas les personnes dont j’ai besoin ou elles ne sont pas disponibles, je n’ai pas accès aux informations nécessaires pour faire avancer mes projets. Tout semble difficile et compliqué, j’ai l’impression de devoir déployer des montagnes d’énergie pour arriver à mon objectif. Et même, parfois je n’y parviens pas.

Mais alors, pourquoi est-ce qu’on ne veux pas écouter ? Parce qu’on veut en faire à notre tête. Parce qu’on a décidé avec notre mental que c’était ça que nous voulions et pas autre chose. Que la vie va se plier à nous et pas l’inverse. Parce que nous avons tellement été brimé dans notre besoin de liberté que nous avons une revanche à prendre. La revanche à prendre sur le père, c’est le Père qui va en faire les frais. Qu’est-ce que je veux dire par là ? Nos parents ont souvent limité l’expression de notre besoin de liberté, à tel point que devenus autonomes, nous ne supportons plus la moindre autorité, même celle qui consiste à prendre les informations que la vie nous envoie pour mieux nous guider. Il arrive aussi que nous subissions l’autorité dans un domaine de notre vie (une hiérarchie professionnelle par exemple), nous conduisant à vouloir nous affranchir de tout ce qui pourrait de près ou de loin être apparenté au contrôle d’une entité supérieure dans un autre domaine de notre vie.

Si vous vous reconnaissez dans ce portrait, vous allez devoir redoubler d’attention et de vigilance pour devenir capable d’observer le flux de la vie et éviter la tentation de mettre sous le tapis les informations qui ne vous conviennent pas.

La décision

Une fois que l’on observe ce qui a tendance à se produire et ce qui a tendance à ne pas se produire, nous prenons une décision : celle de lâcher ou celle de lutter. 

> Le lâcher-prise, c’est quand je décide d’aller dans la direction de ce qui a tendance à se produire, même si j’en ai peur.

Je dis « même si j’en ai peur » car cette dimension est loin d’être négligeable. Hé oui, parfois la vie nous emmène si fluidement vers une destination que cela nous parait suspect… Ou encore, la vie nous emmène fluidement vers quelque chose qui nous vraiment fait très peur. Et la tentation est grande dans ce cas-là de continuer dans le « connu », même si celui-ci est inconfortable ou désagréable. Là nous rejoignons le deuxième cas de figure, la lutte.

> Le lâcher-prise, c’est aussi quand je décide de ne pas aller dans la direction de ce qui a tendance à ne pas se produire. Je prends acte que les portes sont fermées et je ne cherche pas à les enfoncer. Même si j’en ai très envie.

Encore une fois, ce « même si j’en ai très envie » prend toute son importance. Il peut être très difficile de renoncer à un projet particulièrement important, on peut s’acharner longtemps en refusant l’évidence « ce quelque chose n’est pas pour moi ». 

A l’inverse, si je ne vais pas dans la direction de ce qui a tendance à se produire (en général parce que j’ai peur) ou que je vais dans la direction de ce qui a tendance à ne pas se produire (en général parce que j’en ai envie quand même), alors je bascule dans la lutte. 

Vous voyez à quel point suivre le flux de la vie est la plus haute forme de décision qui soit. Elle implique une conscience très affûtée et un très grand sens de la puissance du libre-arbitre. Suivre le flux nécessite très souvent de sortir de notre zone de confort et de sortir de nos conditionnement. 

C’est à expérimenter pleinement et en toute conscience notre liberté (nous avons toujours le choix de suivre notre peur et notre envie) que nous invite le flux de la vie. Suivre ou ne pas suivre le flux de la vie nous donne déjà la possibilité d’observer la vie à l’oeuvre, de sentir la vie nous traverser, nous toucher, nous parcourir. Et nous permet d’observer notre manière d’y répondre. C’est là encore une merveilleuse occasion d’apprendre à se connaitre, d’apprendre à s’aimer. 

En devenant plus conscients de notre processus de décision et de notre manière de réagir à ce que la vie nous propose, nous exerçons notre libre-arbitre. La conscience de soi et le libre-arbitre est ce qui nous différencie du règne animal, ce qui nous caractérise en tant qu’être humain. L’utiliser en pleine conscience nous rend plus humain, nous permet d’embrasser notre destinée humaine. 

A mon sens, la véritable spiritualité consiste à utiliser le plein pouvoir de ce libre-arbitre, en cherchant à l’aligner le plus possible sur le flux de la vie. Tout en s’aimant et en s’acceptant quand cela n’est pas possible parce nous avons trop peur ou trop envie de ne pas renoncer à ce qui nous fait plaisir. 

L’important est de comprendre qu’il y a toujours deux options et que nous avons toujours le choix. Il n’y a jamais qu’une seule option. La dualité du monde de la matière fait que plusieurs possibilités existent toujours. Chaque fois que nous disons « je n’ai pas le choix », nous renonçons à notre liberté, mais plus important encore, nous abdiquons de notre statut d’être humain. Nous devenons les objets de nos conditionnements au lieu d’être les sujets de notre vie.

Accomplir la volonté de Dieu

C’est une autre manière de parler du flux de la vie. Plus exactement, c’est ce qui se passe quand on a pris la décision de suivre le flux de la vie. On va mobiliser son temps, ses ressources, son énergie, ses compétences au service du flux de la vie. 

Une décision implique toujours un processus de mise en oeuvre. Quand une décision n’est pas assortie d’un plan d’action, cela reste une intention.

Alors que signifie accomplir la volonté de Dieu ? Une fois que j’ai repéré le sens du flux, la direction et que j’ai décidé de le suivre, même si j’en ai peur ou même si je dois pour cela renoncer à quelque chose qui me faisait très envie, il me faut devenir capable de ne pas saboter le processus en ne faisant qu’à moitié ce qui m’est indiqué comme étant le plus approprié. 

Il s’agit de passer de « qu’est-ce qu’on me demande encore ? » à « youpi, on m’indique une direction claire, qui correspond 100% à la manifestation de mon potentiel : heureusement qu’on me montre le bon chemin, autrement j’aurais perdu mon temps et mon énergie pour rien (et sans doute même mon argent, peut-être beaucoup d’argent) ». Si on est dans « qu’est-ce qu’on me demande encore ? », on risque de suivre le flux de la vie dans le même état d’esprit qu’un ado à qui on demande d’interrompre son jeu vidéo pour venir aider à faire la vaisselle… La tentation de mal faire la vaisselle histoire qu’on ne lui redemande pas la prochaine fois sera très grande. C’est un mécanisme d’auto-sabotage assez bien huilé.

A l’inverse, dans le « youpi ! », je vais saisir la perche qui m’est tendue et m’assurer d’être à 1000% compétent pour accomplir ce qu’on me demande et acquérir ce qui est nécessaire en termes de savoir, savoir-faire et savoir-être. 

En prononçant le « que ta Volonté soit faite, sur la Terre comme au Ciel » du Notre Père, c’est à cela que je m’engage : à devenir compétent pour m’aligner pleinement sur le flux de la vie, sur le plan divin.

La sérendipité

Voici une notion qui peut beaucoup nous aider à accepter de suivre le flux de la vie. 

On ne s’en rend pas toujours compte sur le moment, mais quand nous portons un regard sur de nombreux événements de notre passé qui ne se sont pas produits malgré une envie très forte de notre part, il arrive très souvent que nous nous disions « heureusement que ce truc-là ne s’est pas réalisé ». 

La sérendipité, c’est l’attitude qui consiste à se dire, quoi qu’il arrive, « heureusement que », mais au présent, cette fois-ci. C’est considérer le bien en toute chose. C’est avouer en toute humilité que je n’ai pas toutes les clés pour comprendre ce qui se passe et que si je les avais, je dirais spontanément « heureusement que ». C’est tirer profit de chaque circonstance, même si elle ne correspond pas à ce que j’attends.

La sérendipité me conduit à voir les épreuves de la vie comme des occasions de grandir. La sérendipité me permet de transformer mes peurs en amour. La sérendipité me permet de cultiver ma foi dans le plan divin. La sérendipité me donne l’occasion de développer une confiance en la vie.