Voilà une histoire que j’aime beaucoup et qui pourra vous aider à savoir si vous êtes sur le bon chemin ou non.

 

En se rendant à Chartres, Charles Péguy aperçoit sur le bord de la route un homme qui casse des cailloux à grands coups de maillet. Les gestes de l’homme sont empreints de rage, sa mine est sombre. Intrigué, Péguy s’arrête et demande :

« Que faites vous, Monsieur ? 

– Vous voyez bien, lui répond l’homme, je casse des pierres. Malheureux, le pauvre homme ajoute d’un ton amer : J’ai mal au dos, j’ai soif, j’ai faim. Mais je n’ai trouvé que ce travail pénible et stupide. »

 

Un peu plus loin sur le chemin, notre voyageur aperçoit un autre homme qui casse lui aussi des cailloux. Mais son attitude semble un peu différente. Son visage est plus serein, et ses gestes plus harmonieux.

« Que faites vous, Monsieur ?, questionne une nouvelle fois Péguy.

Je suis casseur de pierre. C’est un travail dur, vous savez, mais il me permet de nourrir ma femme et mes enfants.

Reprenant son souffle, il esquisse un léger sourire et ajoute : « Et puis allons bon, je suis au grand air, il y a sans doute des situations pire que la mienne. »

 

Plus loin, notre homme, rencontre un troisième casseur de pierre. Son attitude est totalement différente. Il affiche un franc sourire et il abat sa masse, avec enthousiasme, sur le tas de pierre. Pareille ardeur est belle à voir !

« Que faites-vous ? demande Peguy

Moi, répond l’homme, je bâtis une cathédrale et je contribue à la Gloire de Dieu sur Terre ! »

 

 

Cette histoire des casseurs de pierres est attribuée à Charles Péguy, même s’il y a peu de chance que ce soit vrai étant donné qu’il a vécu bien après la construction de la cathédrale de Chartres. Ce qui est vrai en revanche c’est que Charles Péguy a fait un pèlerinage à Chartes en 1912 et que c’est ce pèlerinage qui a inspiré les suivants. De même, dans son ouvrage L’Argent, voici ce qu’il écrit à propos de sa mère qui était rempailleuse de chaises, défendant ainsi une idée de l’honneur et de la piété de l’ouvrage bien faite : « J’ai vu toute mon enfance rempailler des chaises exactement du même esprit et du même cœur, et de la même main, que ce même peuple avait taillé ses cathédrales ».

 

Quoi qu’il en soit, voici les questions que cette histoire invite à se poser :

  • est-ce que le travail que je fais me mets en joie ?
  • est-ce qu’il sert les autres ? est-ce qu’il est aligné sur le plan divin ?
  • est-ce qu’en le faisant j’exploite mes talents au maximum ?
  • est-ce que je suis vraiment occupé.e à bâtir ma cathédrale personnelle ?
  • quelles sont les tâches du quotidien qui me rendent joyeux, se ?
  • est-ce que je pourrais éprouver plus de gratitude pour ces tâches quotidiennes ? 
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