Lâcher prise

 

Voici ce que l’on entend souvent dans le petit monde du développement personnel : je lâche prise, il faut lâcher-prise… Mais de quoi parle-t-on exactement ?

 

Pour bien définir le lâcher-prise, prenons ses deux contraires. Le premier, c’est le contrôle. En général, on le les confond jamais. Le contrôle, c’est la volonté de donner la toute puissance au mental. Je décide et je vais jusqu’au bout, contre vents et marrées, peu importe ce qui se passe, même si je me mets en danger ou que tout (ou presque) m’indique que ce n’est pas le bon chemin. Je veux et j’aurai. Je fonce, y compris dans le mur. Je n’accorde aucune attention aux signes et je continue coûte que coûte. Le deuxième contraire du lâcher-prise, c’est le laisser-faire. On ne décide rien et on se laisse balloter par les flots, au risque de faire une croix sur ce qui est vraiment important pour nous. On se résigne à ce que rien ne fonctionne comme on le voudrait.

 

A l’inverse, le lâcher-prise c’est la décision de suivre le flux. Il arrive qu’on confonde allègrement laisser-faire et lâcher-prise. Mais suivre le flux n’est pas du tout la même chose que se laisser balloter par les flots… Bien au contraire. Suivre le flux est une décision. C’est la plus haute forme de décision qui soit. Parce que cela implique de faire le choix de renoncer, momentanément ou définitivement, à quelque chose qui est important pour nous, avec la foi et la confiance totale que quelque chose de bien plus approprié nous attend. C’est justement à cette étape qu’on différencie le laisser-aller du lâcher-prise. Le laisser-faire, c’est renoncer et point. Le lâcher-prise, c’est renoncer tout en étant vigilant à ce qui se présente : OK, ce truc n’est pas pour moi, comment puis-je alors repérer ce qui est bon pour moi. C’est être à l’écoute de la vie et suivre ce flux. Suivre le flux, c’est adhérer à ce que me propose la vie, même si ce n’est pas exactement ce dont j’ai envie. C’est repérer ce qui a tendance à se produire dans ma vie, m’en emparer, le décortiquer, le mâcher, le digérer : qu’est-ce que Dieu cherche à se manifester à travers moi ? Comment avec ma personnalité, mon histoire, mon vécu, puis-je mettre ce cadeau au monde ? Comment puis-je le sublimer avec mes talents, ma zone de génie, ma brillance ? Si cela implique parfois de renoncer à ce dont j’aurais envie, cela implique aussi de me lancer dans des choses qui me font peur… Car si cela a tendance à ne pas se produire, même si j’en ai envie, c’est que ce n’est pas pour moi. Et de l’autre côté, si cela a tendance à se produire, même si j’en ai peur (parce que c’est l’inconnu, parce que je n’ai jamais fait ça, parce que je ne me sens pas à la hauteur…), c’est que c’est bon pour moi.

 

C’est d’ailleurs pour cela que je n’utilise pas ce mot de lâcher-prise, qui est difficilement applicable à mon avis, rien que parce qu’il comporte le mot lâcher, qui peut facilement nous emmener du côté de la résignation. Alors que le lâcher-prise, est une véritable acceptation. L’acceptation de ce qui est bon pour moi. Se résigner, c’est ne rien faire avec ce qui m’arrive. Accepter au contraire implique de l’action : OK, c’est mon chemin, mon message, ma voie… Comment vais-je la mettre en oeuvre pour magnifier ce cadeau que Dieu a prévu pour moi ? C’est pour ça que je préfère « tenir le flux » à « lâcher-prise », qui est pour moi une invitation plus facilement visible à m’emparer de tous les cadeaux que la vie me fait chaque jour.

 

Tenir le flux comme j’appelle ça, c’est bien plus que suivre le flux. C’est l’accompagner vraiment. La meilleure image que j’aie pour l’illustrer, c’est celle du surfeur. Ce n’est pas lui qui décide de la vague. Il peut attendre sans fin la vague parfaite, celle qu’il saura parfaitement négocier sans l’ombre d’un doute ou d’une peur. Mais il peut aussi décider de surfer sur celle qui se présente. Surfer, c’est prendre ce qui est là, aussi imparfait que ce soit et aller avec. Si on ne suit pas la vague, on se retrouve sous l’eau. Si on attend la vague idéale, on reste au sec et on se prive des joies du surf. Cela rejoint la métaphore de Louisa May Scott : celle de mener sa barque. Quand on mène sa barque sur les flots de la vie en fonction de là où veut nous emmener le courant, en effet on ne craint pas les tempêtes…

 

Et vous, qu’est-ce que la vie cherche à manifester à travers vous ? Avez-vous accepté de mettre au monde et de faire grandir ce cadeau ?

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