quand les zones d’ombre se manifestent

 

Aujourd’hui, c’est pas facile pour moi. C’est pas facile ce que je vis à l’intérieur et c’est pas facile ce que j’ai contacté cette nuit.

Je vais aujourd’hui vous parler sans fard, non pas par impudeur ou besoin de déverser mon trop-plein émotionnel sur vous. Simplement pour vous montrer qu’aller vers l’ouverture du coeur nous amène à traverser aussi des zones d’ombre. Je vous remercie simplement d’accueillir ce qui se présente pour moi ici et maintenant et que je vous partage.

Hier soir, j’ai crié sur ma fille. Très fort. Je l’ai même secouée. J’étais en rage. Nous avions passé une journée très difficile et ce que je ressentais, c’était « je ne la supporte plus ». Cette nuit je me suis réveillée et je me suis surprise à penser que j’appréhendais la journée qui allait arriver. Et ce matin, elle dort là, pas loin de moi, pendant que j’écris à mon ordinateur et quand j’ai commencé mon temps de spiritualité quotidien (prière, commande à l’univers, questions à mes guides…), je n’avais pas envie qu’elle se réveille.

C’est la première fois que cela m’arrive en un peu plus de 4 ans et demi. Je sens confusément que bien de toucher quelque chose de très profond, de très inconscient aussi. J’en ai les larmes aux yeux de vous écrire cela. Je ne saurai pas mettre de mots sur cette sensation, mais c’est là. Je sens aussi que c’est une étape importante de mon cheminement vers le coeur, et c’est pour ça que je vous le partage.

Je m’étais déjà rendue compte il y a quelques temps que malgré ma joie d’avoir ma fille au quotidien avec moi (elle n’est pas scolarisée), malgré ma conviction profonde que la vie c’est fait pour vivre à son rythme, malgré le fait que ce choix de vie correspond à mes valeurs les plus fortes, il y avait quelque chose qui n’allait pas en moi.

Juste pour vous donner un aperçu. Comme elle ne va pas à l’école, elle se réveille naturellement, sans que j’aie besoin de le faire (sauf la semaine où mon grand est avec moi, où je la glisse dans son siège auto le plus doucement possible pour faire le trajet jusqu’au lycée). Nous n’avons pas d’horaire fixe pour faire les choses, je ne la force en rien (ni à manger, ni à dormir à l’heure, ni faire un bain ou quoi que ce soit d’autre). J’ai l’impression, de mon point de vue, mais peut-être que je me trompe, que je lui permets d’expérimenter ce qui m’a le plus manqué à moi dans mon enfance : la LIBERTE. 

Malgré tout cela, j’ai conscientisé que je fais les choses « malgré elle ». Intellectuellement, je sais qu’elle n’est pas arrivée dans ma vie par hasard, que j’ai choisi d’accueillir cette vie nouvelle, que c’est un cadeau sur mon chemin, que sans elle je serais rentrée dans les ordres aux 18 ans de mon aîné (youpi, prier et chanter les louanges de Dieu toute la journée, trop top ! En plus j’aurais choisi un ordre où on fait du travail manuel genre des vitraux : consacrer ma vie à la spiritualité et à l’art, trop de la balle) ou alors je me serais abrutie de travail. Morgane, à l’inverse, m’a offert de prendre une autre place dans le monde. Malgré tout ce beau discours de mon mental, je ne peux que constater que si je regarde bien au fond de moi, je fais les choses « malgré elle » et non pas en prenant en compte qu’elle fait partie du chemin. Qu’elle est aussi le chemin, et pas à côté. 

Voilà où j’en suis aujourd’hui. J’ai trouvé une zone d’ombre, pas confortable. Et pour le moment je n’en suis pas à la transformer en pépite. Je ne sais pas quand ça viendra, je prends simplement le temps de regarder ce qui est là, en moi, ce matin.

Merci de m’avoir lue.

Je vous dis à demain.

PS : comme mentionné plus haut, je partage ce que je ressens, je n’ai pas besoin de conseils éducatifs sur ma relation avec ma fille, ni de jugements (qu’ils soient négatifs ou positifs d’ailleurs), ce texte ne se veut qu’un témoignage de ce à quoi on est confronté quand on va vers soi chaque jour un peu plus. Merci de votre compréhension.

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